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Le Club des Voitures Ecologiques vise à promouvoir la diffusion et l’utilisation de voitures écologiques. Marc Teyssier D’Orfeuil, fondateur du club, nous en parle.
En tant que fondateur du club pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours à ce jour ?
Cela fait de nombreuses années que je suis engagé sur les questions de mobilité durable. Il y a déjà 10 ans, nous avions proposé aux sociétés de parkings, la mise en place d’un demi tarif pour les voitures de moins de 3 mètres. Ce concept est aujourd’hui un véritable succès, et nous sommes convaincus que le stationnement est un levier puissant pour modifier les comportements d’achat.
Pouvez vous en quelques mots nous dire ce qu’est le club des voitures écologiques ainsi que ses missions ?
Le Club des Voitures Ecologiques est présidé par Serge Lepeltier, Maire de Bourges, ancien Ministre de l’écologie, Marcel Deneux, Sénateur de la Somme, Philippe Goujon, Député Maire du 15ème arrondissement de Paris et Michel Destot, Député Maire de Grenoble, Président de l’AMGVF (Association des Maires de Grandes villes de France). Il vise à promouvoir la diffusion et l’utilisation de voitures écologiques en fédérant des responsables politiques et des acteurs économiques autour d’un projet et de propositions.
Nous soutenons ainsi toutes les motorisations qui participent d’un mieux en matière d’écologie, GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié) , GNV (Gaz Naturel pour Véhicules), Hybrides, Bioéthanol, autopartage, petites voitures de moins de 3 mètres et électriques. La solution ne pourra être unique…
Qui sont les adhérents au club et quelles sont leurs motivations ?
Les adhérents au Club sont toutes les entités qui travaillent en direction de l’utilisation de voitures toujours plus propres : énergéticiens, constructeurs, sous traitants automobiles, sociétés innovantes, grandes entreprises engagés dans les déplacements durables…
Ainsi, le Club compte à ce jour comme adhérents : Honda, Renault, Saab, Mercedes, Smart, Heuliez, la CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle), GTech (écoconduite), Primagaz, EDF, la CGB (Assemblée Générale de Syndicats Betteraviers), Ineo Suez, le CFBP (Comité Français du gaz Butane Propane), l’AVERE France (Association pour le développement du véhicule électrique), La Banque Postale, l’AMGVF (Association des Maires des Grandes Villes de France) la Ville de Paris, la Principauté de Monaco, la Poste et Courb.
Le dénominateur commun de chacun des membres du Club, c’est l’envie d’expliquer ses propres choix industriels et d’en faire part aux décideurs politiques.
Quels sont les principaux chantiers du Club auprès des pouvoirs publics pour faire évoluer les prises de décision en faveur des véhicules plus écologiques ?
Le Club promeut tout particulièrement un disque vert qui permet d’octroyer une heure trente de stationnement gratuit pour les voitures écologiques. Les véhicules hybrides sont bien sûr éligibles à cette disposition. Nous avons l’intime conviction que ce type d’initiative sera indispensable : il faut une discrimination positive. Par contre, nous sommes contre la gratuité permanente qui favorise les voitures « ventouses » et bloque inévitablement des places. Il faut des incitations plus dynamiques comme le disque vert.
Nous portons également un prêt à taux zéro pour l’acquisition d’un véhicule écologique sous condition de ressources. Nous sommes partis du constat qu’en France la moyenne d’âge des voitures est de plus de 8 ans, et que les voitures les plus anciennes appartiennent aux foyers les plus modestes. Un tel prêt permettrait aux ménages à faible revenu de renouveler leur ancienne voiture par un véhicule peu polluant.
Nous travaillons également pour une tarification préférentielle sur autoroutes pour les voitures écologiques, pour la création de zones vertes dans les villes où le stationnement est gratuit, pour la mise en place de bornes de recharges au sein des pilonnes d’éclairage public pour les voitures électriques et Hybrides rechargeables. Nous soutenons aussi l’éco-conduite. Les initiatives ne manquent pas.
Pouvez vous nous citer quelques exemples d’initiatives déjà prises par les collectivités en faveur des véhicules écologiques ?
Le disque vert est un exemple fameux de capacité mobilisatrice des collectivités territoriales. Les villes de Bordeaux et d’Ales ont d’ores et déjà adopté le disque vert. La première ville francilienne à l’adopter est Puteaux à la fin octobre, un premier pas prometteur pour un disque vert en Ile de France. La Mairie de Paris nous soutient dans nos initiatives et regarde aussi avec beaucoup d’intérêt le disque vert.
Quelle est votre vision sur l’avenir de l’automobile en milieu urbain ? A Paris notamment ?
A mon sens, il n’existe pas de solution unique et figée. Néanmoins, il me semble pertinent que les voitures dans les villes soient adaptées à leur environnement.
En France, les automobilistes (en agglomération et hors agglomération) parcourent en moyenne un peu plus de 35 kilomètres par jour. A plus ou moins court terme, les voitures électriques avec une autonomie de 150km m’apparaissent comme une bonne solution. Mais les constructeurs, les pouvoirs publics ainsi que les consommateurs ont encore du chemin à parcourir s’agissant des voitures électriques. Le réseau de recharge est à ce titre un des nœuds du problème. La proposition du Club visant à intégrer des bornes de recharges au sein des pilonnes d’éclairage publics a pour but de créer un réseau de recharge efficient mais également de rassurer les consommateurs.
Pour le présent, l’hybride possède l’avantage de ne pas restreindre le véhicule à un usage urbain. Il permet de s’éloigner des villes et possède des performances routières comparables aux véhicules thermiques « traditionnels ». Par ailleurs, en ville les rejets de CO2 sont remarquables de surcroît si la motorisation électrique est sollicitée. Il est également à noter les bonnes performances concernant les autres polluants, particules, NOX… Je crois sincèrement que l’hybride est une solution très prometteuse.
Enfin, le projet d’Autolib de la ville de Paris est un superbe défi à relever. Nous suivons de prés les évolutions de ce projet.
Les pouvoirs publics en font ils suffisamment sur le développement des politiques locales visant à favoriser les véhicules plus écologiques ? Pouvez vous citer quelques exemples ?
Sous l’impulsion du Grenelle de l’environnement, la classe politique mesure pleinement et plus que jamais le besoin d’agir. Pour cela il nous faut distinguer politique nationale et locale.
Sur le plan national, les aides existent déjà, le bonus-malus, qui a permis de modifier sensiblement les comportements d’achat, les aides fiscales pour le GPL, GNV et bioéthanol, les primes pour l’achat de voitures électriques, la prime à la casse… Les dernières initiatives nous semblent également poursuivre dans le bon sens. Pour preuve, la commission de Jean-Louis Legrand en charge du comité interministériel sur les véhicules décarbonés qui a rendu ses conclusions il y a quelques jours, et dont Monsieur le ministre d’Etat, Jean-Louis Borloo, a présenté les résultats le 1er octobre dernier.
Au niveau local, de nombreuses villes proposent la gratuité du stationnement pour les voitures électriques. Personnellement, nous sommes contre la gratuité permanente qui favorise les voitures « ventouses » et bloque inévitablement des places. Il faut des incitations plus dynamiques comme le disque vert. Le disque vert est aujourd’hui un élément fort qui permet aux collectivités territoriales de démontrer leur capacité d’action. Il est à noter que le dispositif fait partie intégrante du texte du Grenelle I, à l’article 13 « Les collectivités territoriales favoriseront la mise en place du disque vert en stationnement payant ».


Gérard Yves RIVIERE
Sénova
Arene IDF
tpevoiturehybride
Le Guide BIO