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Au début des années soixante-dix déjà, Honda faisait figure de précurseur en lançant le moteur CVCC, une véritable révolution en termes de réduction d’émissions polluantes et d’économie de carburant.
Une technologie qui a été concrétisée sur un modèle dont le nom nous est aujourd’hui très familier : la Civic. Retour sur cette innovation de taille.
L’histoire débute en 1970, aux Etats-Unis. Le gouvernement, conscient de l’importance de mener des projets en faveur de la protection de l’environnement, vote le « Clean Air Act », qui fixe des objectifs ambitieux pour limiter les émissions polluantes dans l’atmosphère. Si ambitieux que la plupart des constructeurs automobiles de l’époque s’insurgent, pensant que les standards réclamés par cette loi sont inatteignables.
Honda anticipe les attentes.
Honda avait déjà initié, bien avant le vote du « Clean Air Act », un groupe de travail au sein de son centre de Recherche et Développement, pour déterminer les perspectives d’avenir sur le marché automobile mondial. Shizuo Yagi, à la tête de ce groupe, décèle rapidement l’opportunité de se diriger vers des véhicules moins polluants et moins consommateurs d’énergie. En juin 1966, les membres de l’Association des constructeurs automobiles japonais décident de se rendre un mois aux Etats-Unis, pour visiter les laboratoires les plus prestigieux : constructeurs américains, mais aussi universités et agences gouvernementales.
Un laboratoire pour la qualité de l’air.
C’est dans la continuité de ce voyage que naîtra la même année au Japon le « Air Pollution Control Research Lab », ou « AP Lab », un laboratoire permettant la mise en œuvre de technologies innovantes et respectueuses de l’environnement. Cette structure base ses premiers essais sur la consommation d’énergie et le contrôle de la combustion. Après différentes tentatives, le groupe de travail se laisse convaincre par un professeur de l’université de Tokyo, Tsuyoshi Asanuma, que la technologie d’avenir est la « combustion en mélange pauvre ». Honda prend alors à bras le corps les projets de recherche utilisant cette nouvelle méthode de réduction des émissions toxiques.
Innovation mondiale.
Suite à de nombreux tests, Honda décide de prendre un chemin parallèle et de poursuivre le travail sur cette solution, en lui ajoutant une chambre de pré-combustion. Une technique tout à fait inédite pour les véhicules de l’époque. Le moteur N600 voit alors le jour en janvier 1970. Il est le tout premier au monde apte à réduire significativement les émissions de polluants. Bien que la technologie soit encore au stade expérimental, Soichiro Honda, Président Directeur-Général, organise une grande conférence de presse pour faire part de cette innovation majeure. Ce n’est que quelques minutes seulement avant l’annonce officielle, que les responsables du groupe de recherche ont déterminé son nom: le CVCC (Compound Vortex Controlled Combustion). Après cette annonce, les ingénieurs se sont dépassés pour résoudre les derniers problèmes techniques et permettre une véritable concrétisation de cette technologie innovante.
Concrétisation et succès.
Le 11 octobre 1972, le moteur CVCC est publiquement annoncé. Honda devient alors un modèle et un précurseur pour les constructeurs du monde entier. Toyota est le premier constructeur à s’intéresser de près à cette technologie, suivi de Ford, Chrysler et Isuzu, qui signeront des licences d’utilisation avec Honda. En 1974, l’EPA (Agence de protection de l’environnement américaine) effectue des tests sur ce nouveau moteur, afin de valider qu’il réponde bien aux normes du Clean Air Act. Ces tests s’avèrent tout à fait concluants et, de surcroît, ils révèlent que le CVCC est également exemplaire en termes de consommation de carburant. Cette nouvelle ouvre des perspectives pour Honda, qui voit alors une vraie possibilité de commercialisation de cette technologie. Ainsi, en 1975, la Honda Civic/CVCC est lancée sur le marché et commence à écrire l’histoire de son succès. Honda fait alors partie des deux seuls constructeurs mondiaux à répondre aux exigences du Clean Air Act*. Le lancement de la Civic/CVCC aux Etats-Unis a marqué le début d’une success-story entre le constructeur et les automobilistes américains, et a vraiment installé la notoriété de la marque dans le pays.
Honda n’a pas seulement vu, dans la concrétisation de cette technologie, un simple moyen de répondre aux exigences de la réglementation américaine. Il y a vu également des perspectives d’avenir, de changement, des moyens de responsabiliser chaque acteur de l’industrie automobile en faveur du respect de l’environnement. Honda a ainsi été le premier constructeur à avancer cette notion de responsabilité sociale, qui guide depuis lors toutes ses initiatives et qui s’impose comme un modèle auprès des autres constructeurs mondiaux.
*avec Toyo Industries, devenu Mazda.


Gérard Yves RIVIERE
Sénova
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